Vous êtes ici > Accueil > Médias > Articles > 2012 > Fragments d'Histoire de l'Eglise de Lyon
06|12|2012

Fragments d'Histoire de l'Eglise de Lyon

Fragments d'Histoire de l'Eglise de Lyon

 

"L'Eglise ne se définit point par la multitude" disait Grégoire de Nazianze.

"S'ils ont le peuple, nous avons la foi. S'ils ont l'or et l'argent, nous avons la saine doctrine."

"C'est dans les Ecritures que nous trouvons Christ, c'est aussi dans les Ecritures que nous avons a chercher la véritable Eglise. Le plus sûr est que nous cheminions au flambeau des Ecritures." Saint Augustin

Les caractères qui ont toujours distingué la véritable Eglise sont au nombre de trois : 

- Sous le rapport de ses doctrines, elle se conforme à la Parole de Dieu.

- Par ses mœurs, elle manifeste la sainteté de son caractère.

- Dans ses rapports avec le monde, elle connaît la tribulation.

C'est à trois époques de la véritable Eglise de Jésus-Christ à Lyon, que vont se rapporter ces fragments. D'abord au 2ème siècle, sous le règne du très philosophe empereur Marc Aurèle. Ensuite au 12ème siècle avec l'évangéliste Pierre Valdo. Enfin au 16ème siècle sous le règne des Valois, époque de la réformation. A l'aube du 20ème siècle, Lyon sera aussi atteinte par le puissant renouveau apporté par le réveil de Pentecôte, mais cette période est du ressort de notre frère M. NICOLLE.

La ville de Lyon fut une grande réussite de Rome, comme Marseille l'avait été jadis des Grecs. Depuis que deux siècles plus tôt un général de Jules César avait choisi l'éperon rocheux au confluent pour y installer une colonie romaine, la ville jouissait d'un statut privilégié. Elle avait eu de plus, la chance d'avoir été la ville natale de l'empereur Claude. Cela était suffisant pour qu'à plus d'un titre les lyonnais, ne se voient pas comme des gaulois ordinaires. On ne pouvait pas trouver dans toutes les cités plus de loyalisme et de fidélité. Bref le calcul des Césars avait été payant. C'est là, dans la capitale des gaules, que se rejoignaient les grands courants de marchandises et d'idées. Lyon avait comme atout majeur d'être au carrefour des deux routes les plus fréquentées de la Gaule. Par le Rhône supérieur, on rejoignait le Léman et la vallée du Rhin ; par la Saône, la Moselle et même la Loire. Et si remonter le Rhône n'était pas une entreprise toujours facile, cela n'empêchait pas Lyon de connaître une circulation fluviale aussi intense qu'aux abords des grands ports de mer. C'est cette circonstance qui facilitera la pénétration de la Parole de Dieu dans l'ancienne France. La navigation de la Méditerranée se faisait, à cette époque, essentiellement par des marchands de Lyon et de Smyrne. On mettait 21 jours pour arriver à Marseille, et 15 pour arriver d'Arles à Lyon. Si vous aviez pris un navire de ce temps, vous auriez fait escale à Vienne, croisés des hommes vêtus de tuniques blanches brodées d'or et ceinturées de rouge. Vous auriez tout de suite reconnu les fameux prêtres de Cybèle envoyés à Lyon pour témoigner à la veillée funèbre de la Grande Mère. Mais vous auriez aussi rencontré également des chrétiens. Selon toute apparence, l'Eglise de Lyon a été fondée par des marchands grecs venus d'Asie. Polycarpe, évêque de Smyrne, encourageait l’effort missionnaire. Il avait été au contact de l’apôtre Jean et nourrissait une vision apostolique. C’est lui qui en 152 envoya Pothin en Gaule sur les instances du groupe de chrétiens de Lyon. Un peu plus tard, en 157, Irénée fut associé à Pothin qui était un vieillard. A la suite de la persécution déchaînée sous Marc Aurèle, ce sera Irénée qui prendra la direction de l’Eglise de Lyon. Lyon eut ainsi l’honneur de donner non seulement à la Gaule, mais à tout l’occident barbare ses premières Eglises. Irénée envoya des missionnaires dans toutes les directions. Besançon et Valence durent à l’évêque de Lyon, leur premier pasteur. Irénée pouvait écrire avec le sentiment d’avoir participé à ce travail : « … que les Eglises d’Allemagne, d’Espagne, des Gaules, de l’Orient, de l’Egypte ou de la Lybie, et celles qui se sont établies dans les régions situées au milieu du continent, n’ont point une croyance différente les unes des autres… »

Il faut dire que l’Eglise de Lyon renfermait au 2ème siècle, un grand nombre de fidèles. L’activité charitable de cette assemblée était telle, qu’elle prenait les dimensions d’un service public. Ses lieux de réunions étaient banalisés, et par prudence, elle changeait souvent d’endroit. La vie spirituelle y était intense.

Irénée parle : « de plusieurs frères qui ont le don de prophétie, qui parlent différentes langues par l’Esprit de Dieu. » Il mentionne aussi ceux qui chassent les démons des corps et qui guérissent les malades en leur imposant les mains. »

Dans ses écrits, il est question :

-      D’Alexandre, un phrygien, rempli des dons apostoliques

-      De Vettius Epagathus, un homme de qualité rempli du Saint-Esprit qui habitait en lui.

Mais cette jeune Eglise pleine d’Esprit-Saint et de grâce, eut à connaître les souffrances de la persécution et, sous le règne de Septieme Sévère, seconde moitié du 2ème siècle, les progrès de l’Evangile sont tels, que pour en freiner l’expansion, l’empereur interdit la conversion à Jésus-Christ. Le jour de son anniversaire, en l’an 202, il déclenche une persécution générale en Asie, en Egypte et dans la Gaule. Dans ce dernier pays, ce fut Lyon, qui connut la plus grande rage. 9000 fidèles de tous âges et de toutes conditions y périrent, Irénée avec eux. Les souffrances de ces martyrs sont à peine imaginables, mais un extrait de leurs douleurs est parvenu jusqu’à nous, au travers d’une lettre qui date de l’an 177. Nous l’avons retrouvée. Lisez plutôt :

 

Lettre des Eglises de Lyon et de Vienne à celles d’Asie et de Phrygie.

Sur la cruelle persécution dont Lyon venait d’être le théâtre, l’an 177

 

Les serviteurs de Jésus-Christ habitant à Vienne et à Lyon, villes de la Gaule celtique, à leurs frères d’Asie et de Phrygie, unis à eux par une même foi et par l’espérance dans le même Rédempteur. La paix, la grâce, et la gloire leur soient données par la miséricorde de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus-Christ.

Nos paroles ne pourront jamais exprimer tout ce que l’aveugle fureur des gentils leur a inspiré contre les fidèles, l’adversaire a ramassé toutes ses forces contre nous. Mais la grâce de Dieu, supérieure à toutes les puissances de l’Enfer, a veillé sur les siens, et quoiqu’ils aient eu à affronter les plus cruelles tortures, elles n’ont aucune proportion avec la gloire qui nous est préparée dans le monde à venir.

Vous saurez, nos très chers frères, que ces serviteurs de Dieu furent conduits sur la place publique, par un tribun et les magistrats de la ville … et mis en prison jusqu’à l’arrivée du gouverneur qui les fit paraître devant lui à Lyon.

Il y en eut plusieurs qui, s’étant depuis longtemps préparés à tout, se montrèrent prêts à mourir. Mais il y en eut aussi qui donnèrent de tristes marques de leur faiblesse. Il s’en trouva dix qui, par leur déplorable chute, nous causèrent une amère douleur. L’affliction fut générale, non que nous eussions peur des supplices et de la mort ; mais appréhendions seulement que quelques-uns des nôtres n’eussent encore le malheur de succomber.

Ils renouvelèrent contre nous les anciennes et affreuses calomnies dont les païens ont si souvent noirci notre réputation, nous accusant de manger la chair humaine et de contracter des unions incestueuses…

Dès que ces fausses accusations furent répandues parmi le peuple, il y eut contre nous un déchaînement universel. Ainsi s’accomplit la Parole du Seigneur : « Le temps viendra où quiconque vous fera mourir croira rendre service à Dieu. » Leur fureur se porta se porta particulièrement sur la personne de Sanctus, natif de Vienne, et diacre de l’Eglise de Lyon. Maturus n’y fut pas moins exposé, non plus qu’Attale de Pergame. Enfin, sans considération de son sexe, ce fut le tour de Blandine – elle puisait de nouvelles forces dans la confession de foi :

« Je suis chrétienne, je suis chrétienne … »,

s’écriait fréquemment, et malgré sa complexion si faible, fut rendues capables de braver les différents bourreaux qui la tourmentaient depuis la pointe du jour jusque dans la nuit. Ils s’avouèrent vaincus et protestèrent que toutes les ressources de leurs barbaries étaient épuisées. « Nous n’y comprenons rien » disaient-ils, « Il suffisait d’une des tortures que nous avons employés pour lui ôter la vie ; selon le cours ordinaire de la nature. » Le diacre Sanctus endura des tourments inouïs. Son corps était tellement meurtri qu’il n’avait plus la figure d’un corps humain. Après tous les raffinements de cruauté, les bourreaux lui appliquèrent des lames de fer enflammées sur le corps, mais soutenu par une Grâce puissante, le martyr persista dans sa profession de Foi, à chaque question qu’on lui adressait, il répondait :

« Je suis chrétien… »

C’est ainsi que la Grâce de Jésus-Christ et la patience des Saints déconcertaient la cruelle adresse de leurs ennemis. Il en coûta la vie à un grand nombre. Il y en avait qui, nouvellement arrêtés, mourraient sur le champ et sans avoir subi de torture, à cause de l’infection du cachot.

Le Bienheureux Pothin, qui gouvernait à cette époque l’Eglise de Lyon, âgé de plus de 90 ans, dans un corps cassé de vieillesse, fut porté par des soldats au pied du tribunal. Il fut accablé d’outrages, chargé de coups, sans respect pour son âge. Pothin qui n’avait plus qu’un souffle de vie fut mené en prison où il expira deux jours après.

Puis on marqua le jour où le cruel spectacle de leur mort devait servir de divertissement au peuple. Lorsqu’il fut arrivé, on amena Sanctus, Maturus, Blandine et Attale pour les exposer aux bêtes, qui traîneront les deux premiers autour de l’amphithéâtre, puis les païens proposèrent de les mettre sur une chaise de fer rouge. Ayant encore souffert longtemps, Maturus et Sanctus furent égorgés. Blandine fut attachée sur un poteau pour être dévorée par les bêtes. Mais aucune ne la toucha, ce qui dit qu’on la délia. Elle fut conduite en prison et réservée pour une autre lutte. Cependant les ordres de l’empereur arrivèrent. Ils portaient que l’on exécutât ceux qui persévéreraient dans leur confession, les citoyens romains à perdre la tête, et tous les autres à être exposés aux bêtes. En exécution de cette sentence, Attale fut conduit dans l’arène et, au dernier jour des combats de gladiateurs, on amena dans l’amphithéâtre Blandine et un jeune homme de 15 ans nommé Ponticus. Ils avaient l’un et l’autre assisté à l’exécution des martyrs, tous les jours précédents. On voulut les obliger à jurer par les idoles, leur refus inspira les plus violents transports de rage. Ponticus termina sa vie par une mort glorieuse. Blandine fut fouettée, déchirée, brûlée par les fers, après quoi on l’enveloppa d’un filet pour être exposée à un taureau qui la jeta en l’air. Elle finit par être égorgée. Les païens, eux-mêmes, avouèrent que jamais une personne de son sexe n’avait souffert une si étrange et une si longue série de tourments.

 

 

Avec la mort d’Irénée, de profondes ténèbres s’étendent sur l’Eglise de Lyon. Du 2ème au 12ème siècle, son histoire n’offre rien. « C’est la nuit et la puissance des ténèbres. »

Elle fut une ville essentiellement papale jusqu’au 9ème siècle. En ce temps-là, les chrétiens sont devenus assez nombreux pour persécuter à leur tour les païens. Les rôles sont inversés, les agneaux sont devenus les loups. Par cette sinistre évolution, l’Eglise cesse d’être la véritable Eglise de Jésus. Mais Dieu a toujours ses 7000 qui « ne fléchissent pas le genou devant Baal. » Pierre Valdo sera l’un d’eux. Nous sommes au 12ème siècle, en l’an 1160 exactement. Rome avait décrété le dogme de la transsubstantiation. Il fallait se prosterner devant l’hostie devenue sacrée. Il y avait loin entre cette Eglise et celle qu’Irénée avait connue. Le peuple était empêché de lire la Bible, on se faisait des images de Dieu et de la trinité, on croyait que la vierge était la reine des cieux et la maîtresse du monde. Pierre Valdo décida de revenir à l’antique Parole et de fuir toutes ces nouveautés. Un soir, la mort tragique d’un de ses amis projeta une lumière foudroyante dans sa conscience. Le riche banquier se dépouille de tous ses biens et se met à étudier la Bible.

Désormais il va travailler à la mettre entre les mains du peuple. Il fonde une société pour les « pauvres en Esprit », on les appelait déjà les apostoliques. Ce sont eux qui vont répandre l’Evangile à Lyon et dans les pays voisins. Il traduit les quatre évangiles et c’est à lui que l’Europe est redevable de la première version de la Bible en une langue moderne. Pierre Valdo fut à lui seul, en plein 12ème siècle, la société biblique de Lyon. Par son zèle et l’exemple de sa vie, il entraîna une foule de disciples, ce qui suscita bien sûr, la colère de l’archevêque. Il dut se cacher pendant trois ans, puis excommunié, il fut contraint de quitter la ville, suivi de la majeure partie de son troupeau. On les appelait les LEONISTES, c'est-à-dire Lyonnais, ou encore les POURS de Lyon, c'est-à-dire les Pauvres de Lyon. Ils allèrent dans le Dauphiné, puis essaimèrent en Picardie, en Allemagne. En 1177, ils prêchaient à Frankfort et à Nuremberg, puis ce fut le tour de la Bohême où vraisemblablement Pierre Valdo termina sa course après un ministère de près de 20 ans. Toutefois ce message ne mourut pas avec lui, des frères le portèrent dans presque toute l’Europe.

En 1180, un édit de persécution fut lancé contre ces chrétiens. Le pape Lucius III déclara : « … que les Cathares, les Patarènes, et ceux qui s’appellent les Pauvres de Lyon demeureront sous l’éternel anathème. » Ce fut à nouveau la persécution. Les trente premières années du 13ème siècle furent occupées aux croisades dirigées contre les chrétiens. Il est difficile de chiffrer avec précision, mais on compte que durant cette période il périt 1 million de Vaudois et d’Albigeois. Détail horrible… Le pape qui présidait à cette tyrannie portait le beau nom d’Innocent III. Outre ceux qui périrent par le feu et par l’épée, un grand nombre succombèrent sous les coups de l’inquisition.

Ce tribunal de sang resta sans arrêt à l’œuvre de 1206 à 1228. Un rapport de l’inquisiteur Rainier mentionne : « … d’entre toutes les sectes qui ont existé, il n’y en a point eu de plus pernicieuses à l’Eglise que celle des Léonistes, parce qu’elle est abondamment répandue et qu’il n’y a presque pas de pays où elle se trouve. »

Mais alors que les bûchers s’élevaient dans les principales villes de l’Europe, une autre flamme remplissait les cœurs, celle de la Parole. « Chez nous c’est assez rare de pouvoir trouver un homme ou une femme qui ne puisse réciter le nouveau testament en langue vulgaire. », disait un de leurs pasteurs. Et de fait, au 13ème siècle, la Bulgarie, la Croatie, la Dalmatie et la Hongrie étaient couvertes d’Eglises Evangéliques florissantes. En 1200, Toulouse et 18 autres villes du Languedoc ainsi que de la Provence et du Dauphiné, étaient remplies des Pauvres de Lyon. Dieu leur avait suscité des protecteurs dans la personne des Comtes de Toulouse, de Foix et du Vicomte de Béziers. « Souventes fois, il me disait que Dieu renouvellerait le monde et que je le verrais » se souvenait le jeune Farel, quand il parlait du vénérable Lefèvre d’Etaples. Ces paroles prophétiques allaient d’accomplir au 16ème siècle. 300 ans après que Pierre Valdo fut entré dans le repos de son Maître, un nouveau réveil secoua l’Europe. La Saxe, la Suisse, l’Angleterre, la Hollande et la France, semblaient sortir de leur assoupissement. La lumière venait d’être replacée sur le chandelier. Des hommes comme Saunier, Froment, Farel, répandaient partout la bonne nouvelle de la grâce de Dieu. Lyon fut encore à cette époque une cité favorisée par Dieu.

D’après des lettres adressées à Messieurs les gouverneurs de Lyon, on sait qu’en 1519 déjà, la ville comptait un nombre considérable de personnes « qui cherchaient leur religion dans l’Evangile. » Un document inédit de 1524 prouve qu’il y avait un grand nombre de chrétiens à Lyon, à cette époque. « La secte réformée pullule dans la ville, et pays, et diocèse de Lyon… »

L’arrêt mentionne : « qu’un grand nombre de peuple a été séduit et détourné de l’obédience à la Sainte-Eglise… » Dieu donna à cette église renouvelée, des hommes remarquables. Pierre Viret, entre autres, fut pasteur à Lyon. Prêchant dans les rues, il convertit plusieurs milliers d’âmes à Jésus-Christ. Beaucoup plus tard, Adolphe Monod, fut à l’origine de la naissance de l’Eglise Evangélique Libre de Lyon. Mais « la grande cité qui régnait sur la terre et que l’apôtre Jean compare à une prostituée qui s’enivre, allait encore boire le sang des saints et des martyrs de Jésus-Christ. » (Apocalypse 17). La Parole de Jésus allait une fois de plus s’accomplir envers les siens : « Si le monde vous hait, avait dit le Maître, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui, mais parce que vous n’êtes pas du monde et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait. » (Jean 15/19)

Aux premiers rangs des martyrs français de la réformation se placent justement cinq étudiants brûlés à Lyon. Pierre Escrivain, Martial Alba, Bernard Seguin, Pierre Naviheres et Charles Faure, tous prisonniers à cause de la Vérité. Leur martyr eut lieu en 1553, le 16 Mai. Ils furent brûlés sur la place des Terreaux qui, avec la place Grenette, étaient les lieux ordinaires d’exécution. Mais, comme Abel, ils parlent encore, quoique morts. Leurs lettres nous sont parvenues, elles respirent le même amour pour Jésus-Christ, la même ardeur que celle des chrétiens des premiers siècles. En cette année 1553, Lyon fut le théâtre de la fureur des ennemis de l’Evangile. Généralement connus sous le nom de Prisonniers de Lyon, les martyrs sortaient des « grottons » - célèbres cachots de l’archevêché, pour être exécutés. Il en venait de Roanne, de Grenoble, et d’ailleurs… Le 24 Août 1572, ce fut la nuit des assassins de la Saint-Barthélémy. Les croyants de Lyon ne furent pas mieux traités que ceux des autres villes du royaume. Trois jours après on sut ce qui s’était passé à Paris et on les réunit aux Célestins et aux Cordeliers. Les clés de ces maisons furent remises à ceux qui s’étaient portés volontaires pour le massacre. Des cruautés sans nom furent commises dans les demeures de l’archevêché. Quelques temps après ces mêmes hommes reçurent l’absolution du légat du Pape dans une ville pavoisée. Parmi les nombreux martyrs, il y en eut un nommé Pierre Bergier condamné au supplice à cause de sa foi, à la vue de la foule nombreuse qui s’amassait, il fit cette prière : « Oh ! Que la moisson est grande ! Seigneur, envoie de bons moissonneurs ! » Ce fut une prière de sang. Elle sera entendue. Moins de 400 ans après, le réveil de Pentecôte éclatait dans le monde. Dieu suscitait alors ces « bons moissonneurs » dans la personne des premiers ouvriers du Mouvement de Pentecôte. Cette fois encore, Lyon ne serait pas oublié…

 

Michel CHINER,  © Add Lyon. Article paru dans le journal Le Lien en 1993.

Imprimer