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Les dates clefs

  • -10 : naissance de Claude, futur empereur
  • -43 : fondation officielle de Lugdunum par Plancus
  • -27 : Lugdunum devient capitale des Gaules
  • -19 : Lugdunum devient le centre du réseau de voies romaines
  • 69 à 192 : apogée de la ville
  • 177 : 1ère vague de persécutions des chrétiens
  • 197 : 2ème vague de persécutions des chrétiens
  • 202 : 3ème vague de persécutions
  • 259 - 260 : raids des barbares germaniques, les Alamans
  • 281 : déclin progressif de la cité
  • 297 : Lugdunum perd son rang de capitale romaine
  • 311-313 : édits de Galère et de Milan, le christianisme devient religion licite.
  • 380 : le christianisme devient la religion de l'Empire
  • 461 : Lugdunum, capitale des Burgondes
  • 476 : fin de l'Empire romain

Plus de dates

Les paroles

"La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme, c'est la vision de Dieu."

Irénée de Lyon

Plus de citations

Portrait

Pothin

Pothin

Le premier évêque de Lyon...

Suite...

Lugdunum, capitale des Gaules...

Lugdunum, capitale des Gaules...

... théâtre des premiers martyrs chrétiens de masse.

Vestiges...

Vestiges...

L’Amphithéâtre des Trois Gaules

Au centre de l’arène...

Au centre de l’arène...

... un poteau en bois commémore le martyre de Blandine et des premiers chrétiens.

Dernières prières des martyrs chrétiens

Dernières prières des martyrs chrétiens

Tableau de Jean-Léon Gérome (1883)

Prison de St Pothin

Prison de St Pothin

Estampe d'après Richard, publiée en 1829, coll. BM Lyon

Parvis de l'église Sainte-Blandine

Parvis de l'église Sainte-Blandine

Scène évoquant le martyre de Blandine

Baptistère Saint-Etienne

Baptistère Saint-Etienne

Un des plus anciens baptistères paléochrétiens de Gaule (IVe siècle)

La fresque des Lyonnais

La fresque des Lyonnais

En haut, à droite de ce mur peint, représentation d'Irénée et Blandine.

La fresque des Lyonnais

La fresque des Lyonnais

Détail du célèbre mur peint, représentation d'Irénée et Blandine

Lugdunum

Lugdunum

La ville de Lyon, en l'an 158 de notre ère. Dessin de M. Rogatien Le Nail - coll. BM Lyon

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  • La fresque des Lyonnais
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Antiquité

Antiquité

Parmi les nombreux sites antiques que possède la ville de Lyon, les touristes peuvent visiter l'amphithéâtre des Trois Gaules. Certains n'y verront que de vieilles pierres retrouvées par des archéologues, mais c'est en fait bien plus que cela ! Ces pierres racontent l'histoire des premiers chrétiens à Lyon. Une histoire qui commence dans la seconde moitié du IIe siècle, deux cent ans après la fondation officielle de la ville par le légat romain Lucius Munatius Plancus en 43 avant J.C. On donne alors à cette nouvelle colonie romaine le nom de Lugdunum qui signifie "Colline des Corbeaux" ou "Colline du dieu Lug" du nom du dieu principal des Gaulois, le dieu de la lumière. Les Romains choisissent ainsi de s'établir sur un haut lieu gaulois dédié au soleil levant qui domine une partie la vallée rhodanienne.

Au confluent du Rhône et de la Saône et au carrefour des grandes voies romaines de l'Occident, Lugdunum se développe rapidement. On y érige forum, théâtre, temple de Cybèle, Odéon et thermes. En -27, elle devient, selon la volonté impériale, la capitale politique, économique, militaire et religieuse des Trois Gaules. Entre le Ier siècle avant J. C. et le Ier siècle de notre ère, elle fait l'objet d'attentions multiples de la part des empereurs. L'empereur Auguste y fait par exemple bâtir sa résidence et un temple en son honneur. La famille impériale y séjourne pendant plusieurs années. Lugdunum voit naître des hommes qui marqueront l'histoire, à l'image de Claude, neveu de l'empereur Tibère et futur empereur lui-même, et peut-être même Ponce Pilate, qui deviendra gouverneur romain en Judée et sera impliqué dans la condamnation à mort de Jésus. Ce serait d'ailleurs non loin de sa cité natale qu'il se serait donné la mort, entre la cité de Lugdunum et celle de Vienne, ce qui aurait donné au massif qui commence à Vienne le nom de "Pilat". Hérode Antipas, qui fit exécuter Jean-Baptiste, aurait peut-être lui aussi fini sa vie en exil dans la capitale des Gaules (pour peu qu'il s'agisse bien de cette Lugdunum et non une autre Lugdunum située en Espagne...). Ainsi, la "colline du dieu de la Lumière" rayonne dans toute la Gaule et sa renommée s'étend dans tout l'Empire romain. Magistrats, commerçants, militaires et artistes en tous genres y affluent constamment. Parmi eux des chrétiens, d'origine grecque venus s'installer dans la ville pour y faire du négoce.

C'est sur leurs instances qu'au cours des années 140-150, l'évêque de Smyrne, Polycarpe, y envoie un de ses disciples, Pothin. Sous son ministère, nombreux sont ceux qui se convertissent parmi les esclaves de la cité et dans les milieux gallo-romains. Mais le succès du christianisme dans une ville marquée par le paganisme irrite de plus en plus ses habitants. Une longue période de tension s'instaure alors dans la capitale des Gaules durant laquelle les chrétiens sont calomniés, mis au banc de la cité, écartés des maisons, des bains et des forums. La Lettre des martyrs, rédigée par les survivants de la persécution de 177 et adressée à leurs frères chrétiens d'Asie mineure, raconte avec précision et émotion, le temps de persécution qui s'abat sur la ville.

C'est au cours du printemps 177 que les chrétiens, refusant de participer aux fêtes en l'honneur de Cybèle, sont "insultés, frappés, traînés par terre, pillés [et] lapidés", selon la lettre transcrite par l'historien Eusèbe de Césarée (v.263-339) dans son Histoire Ecclésiastique. En juin, une quarantaine d'entre eux sont emprisonnés puis conduits devant le tribunal de la cité et condamnés à mort pour avoir refusé de renier leur foi. L'auteur de la lettre précise : "Les sévices innombrables que leur infligeait la foule entière, il les supportèrent généreusement". Plusieurs chrétiens meurent des mauvais traitements qu'ils subissent en prison, à l'image de Pothin lui-même, alors âgé de 90 ans. Sur ordre de l'empereur philosophe Marc Aurèle, les chrétiens de citoyenneté romaine comme Vettius, Julia, Aemilia ou Biblis sont décapités, tandis que les autres, comme le diacre de Vienne Sanctus, Maturus, Attale, le jeune Ponticus ou encore l'esclave Blandine sont exposés aux bêtes... Eux dont la Bible affirme que "le monde n'en était pas digne" (La Bible, Lettre aux Hébreux Chapitre 11 verset 38).
A la mort de Pothin, Irénée, également disciple de Polycarpe, lui succède et réorganise la jeune Eglise affaiblie. Il envoie des missionnaires dans les contrées avoisinantes. Lyon a ainsi l'honneur de donner non seulement à la Gaule, mais à tout l'occident barbare, ses premières églises. Besançon et Valence doivent ainsi à l'évêque de Lyon leur premier pasteur. Par ses écrits, Irénée fait figure de docteur de l'Eglise, malheureusement on remarque déjà dans ses propos des enseignements déviants du message originel.

En 197, l'Eglise de Lugdunum est à nouveau victime de la persécution. Puis, sous le règne de Septime Sévère, les progrès de l'Évangile sont tels dans tout l'empire romain, que pour en freiner l'expansion, l'empereur interdit toute conversion au christianisme. Le jour de son anniversaire, en l'an 202, il aurait déclenché une persécution générale en Asie, en Egypte et dans la Gaule. De toutes les cités gallo-romaines, Lugdunum est celle qui connaît le plus grand ravage. Neuf mille fidèles de tous âges et de toutes conditions y trouvent la mort. Parmi eux, figurait selon la tradition, l'évêque de Lyon, Irénée.
Suite à cette longue période de persécutions, la ville décline et l'Eglise avec elle. Elle est la proie des flammes, pour n'avoir pas choisi le bon camp dans une lutte de pouvoir entre généraux romains et à la fin du IIIème siècle, le déclin de la puissance romaine l'expose aux violences des invasions Barbares qui chassent les habitants de la ville haute. De profondes ténèbres s'étendent alors sur l'Église de Lyon.
Du IIIème au XIIème siècle, elle devient une Eglise essentiellement papale. C'est la nuit et la puissance des ténèbres.