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Les dates clefs

  • 1517 (31 octobre) : publication des 95 thèses de Luther
  • 1534 : deux marchands protestants venant de Genève sont arrêtés à Lyon.
  • 1546 : naissance de l'Eglise réformée de Lyon
  • 1551 : édit de Châteaubriand d'Henri II
  • 1553 (16 mai) : exécution publique sur la place des Terreaux de 5 étudiants, brûlés vifs à cause de leur foi.
  • 1559 : un tiers des lyonnais sont protestants.
  • 1560 : échec de la tentative de prise de pouvoir par la force.
  • 1561 (juin) : lors de la Fête-Dieu, massacre de lyonnais soupçonnés d'être protestants comme Barthélemy Aneau.
  • 1562 (17 janvier) : édit de Janvier, Charles IX accorde la liberté de culte aux protestants.
  • 1562 (Nuit du 29 au 30 avril) : l'hôtel de ville est pris d'assaut par une milice protestante. Combats jusqu'au 7 mai.
  • 1562 (29 avril) : prise de pouvoir par les protestants (jusqu'au 15 juin 1563)
  • 1572 (31 août) : massacre des protestants à Lyon, appelé « Vêpres lyonnaises »
  • 1598 (13 avril) : Edit de Nantes
  • 1685 (18 octobre) :

    édit de Fontainebleau qui révoque l'Edit de Nantes

  • 1686 : destruction du temple de Saint-Romain-au-Mont-d'Or

Plus de dates

Les paroles

"Veritas Vulnere Viret", ce qui signifie "Sous les coups, la Vérité se renforce"

Pierre Viret

Plus de citations

Portrait

Etienne DOLET

Etienne DOLET

L'imprimeur de la rue Mercière...

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Bible imprimée à Lyon

Bible imprimée à Lyon

La Saincte Bible, par Barthelemi Honorati, Lyon 1581.

Temple de Paradis

Temple de Paradis

Utilisé entre 1564 et 1567, rue des Estableries, au centre de Lyon.

L'imprimerie à Lyon

L'imprimerie à Lyon

Gravure représentant des imprimeurs lyonnais.

Lyon au 16ème siècle

Lyon au 16ème siècle

Georges Braun, Lugdunum (Lyon), 1575, Collection BM Lyon

Etienne Dolet

Etienne Dolet

Portrait d'Antoine Gryphe, 1573, Collection BM Lyon

Le privilège accordé par le roi à Etienne Dolet

Le privilège accordé par le roi à Etienne Dolet

Guillaume Paradin, 1542, Collection BM Lyon

La gravure d'un atelier d'imprimeur

La gravure d'un atelier d'imprimeur

Antoine Gryphe, Atelier d'imprimeur, 1573, Collection BM Lyon

Lyon, plan scénographique (1550)

Lyon, plan scénographique (1550)

Lyon, plan scénographique (1550), gravure attribuée à G. Braun, George Braun et F. Hogenberg, AM Lyon

Lyon, plan scénographique (XVI siècle)

Lyon, plan scénographique (XVI siècle)

Lyon, plan scénographique du XVIème siècle, AM Lyon

Vue générale de Lyon

Vue générale de Lyon

Vue générale de Lyon, prise des hauteurs de la colline Saint-Sébastien, AM Lyon

  • Bible imprimée à Lyon
  • Temple de Paradis
  • L'imprimerie à Lyon
  • Lyon au 16ème siècle
  • Etienne Dolet
  • Le privilège accordé par le roi à Etienne Dolet
  • La gravure d'un atelier d'imprimeur
  • Lyon, plan scénographique (1550)
  • Lyon, plan scénographique (XVI siècle)
  • Vue générale de Lyon

La Renaissance

La Réforme protestante à Lyon

Au début du XVIe siècle, Lyon connaît une période de grande prospérité. Dès 1494, elle fait figure de capitale du royaume avec l'installation des rois de France engagés dans les guerres d'Italie. Elle obtient de ces derniers de nombreux privilèges administratifs et industriels. Principale place financière et banquière du royaume, la ville connaît un essor commercial important, grâce à ses quatre foires annuelles qui permettent une grande ouverture vers l'extérieur. Des marchands italiens, allemands et suisses s'y arrêtent fréquemment. Mais son rayonnement est également d'ordre intellectuel et culturel. Dans les années 1530, de grands écrivains humanistes y séjournent, parmi lesquels François Rabelais, Clément Marot et Sébastien Castellion. Ils bénéficient de l'appui de Marguerite d'Angoulême, sœur de François 1er, récemment installée dans la ville et dont l'engagement dans le courant évangélique naissant est bien connu. La présence de ce cercle d'humanistes est en relation étroite avec l'importance de l'industrie du livre à Lyon. Une industrie novatrice et extrêmement productive, puisque, selon les estimations, 13 000 livres auraient été publiés à Lyon contre 85 000 à Paris au XVIe siècle. La "capitale des Gaules" est alors considérée comme "la ville du livre" et accueille de nombreux imprimeurs qui s'installent, pour la plupart, dans la fameuse rue Mercière.

Ce contexte favorise les échanges d'idées et fait de Lyon un milieu propice à la diffusion de la Réforme protestante initiée par Martin Luther en Allemagne et par Jean Calvin en Suisse. On ne peut dater précisément l'arrivée du protestantisme à Lyon, toutefois on constate que la propagation de la "religion prétendue réformée" se fait de manière précoce à partir du cercle des imprimeurs. Ces derniers, gagnés par les idées réformatrices, profitent de leur liberté d'impression, accordée par le roi, pour imprimer des Bibles, des publications luthériennes, ainsi que des ouvrages de Calvin et de Guillaume Farel. Mais très vite la foi protestante déborde le milieu des gens du livre et touche de nombreux lyonnais, si bien que Calvin décide d'y envoyer des prédicateurs de Genève, comme le pasteur Pierre Viret.

La Réforme calviniste trouve un écho particulièrement favorable dans le cadre d'une forte contestation de l'Eglise catholique. En effet, les archevêques et dignitaires ecclésiastiques lyonnais, souvent d'origine italienne, vivent dans le luxe, la débauche, l'impiété et n'accordent aucun intérêt aux démunis. Ce que critiquent vivement les nombreux lyonnais "[...] qui cherchaient leur religion dans l'Evangile", comme en atteste les lettres adressées à Messieurs les gouverneurs de Lyon en 1519.

La Réforme progresse rapidement dans la ville lyonnaise. Un arrêt royal du 4 août 1524 affirme que : "Depuis cinq ans en ça la secte luthérienne pullule dans la ville, et pays, et diocèse de Lyon." L'arrêt mentionne même "[...] qu'un grand nombre de peuples a été séduit et détourné de l'obédience à la Sainte-Église...". Le vif accroissement du nombre de nouveaux convertis effraie les autorités ecclésiastiques et le gouvernement qui organisent aussitôt la répression de "l'hérésie" source de divisions dans le royaume.

A partir des années 1530, une répression d'abord limitée, ciblée sur quelques individus, se met en place. Les inquisiteurs ont d'abord pour ordre de "rechercher et brûler les mauvais livres et les mal-pensants". Des imprimeurs, des libraires ainsi que des pasteurs, comme Alexandre Canus, sont alors arrêtés et brûlés. Mais ceci n'empêche pas la première église réformée de Lyon d'être fondée en 1546. Toutefois, les tensions religieuses montent dans la ville et dans l'ensemble du royaume. Le roi Henri II décide alors de prendre des mesures sévères à l'égard des protestants. Le 21 juin 1551, il promulgue l'édit de Châteaubriand qui organise la répression. A Lyon, l'archevêque François de Tournon s'empresse d'appliquer l'édit, des dizaines de protestants connaissent le supplice réservé aux "hérétiques" : ils sont brûlés vifs sur les places de la ville, comme ces cinq étudiants qui ont marqués la foule lyonnaise. Les pasteurs étrangers, Genevois pour la plupart, sont expulsés. Face à la répression, beaucoup de Lyonnais choisissent de quitter la ville et émigrent à Genève entre 1540 et 1560. Mais ceci n'arrête pas le dynamisme de l'Eglise réformée à Lyon, et en 1559, un tiers de la population est converti au protestantisme, soit environ 15 000 à 20 000 personnes. En 1562, les protestants bénéficient même d'un apaisement général des conflits, suite à l'édit de Janvier, édit de tolérance, qui autorise le culte protestant dans les villes, sous certaines conditions.

Profitant de cette accalmie dans la répression de l'Etat, les protestants perdent patience et cherchent à s'imposer par la force à Lyon. Dans la nuit du 29 au 30 avril 1562, ces derniers s'emparent de l'hôtel de ville et mènent des combats jusqu'au 7 mai pour prendre le contrôle de la ville. Pour les soutenir, ils font appel aux troupes du redoutable baron des Adrets. Ce lieutenant huguenot et ses troupes encouragent les destructions d'églises et les pillages. Les excès sont tels que Calvin lui-même les condamne depuis Genève. Il désapprouve la violence du baron des Adrets et lui écrit ces mots : "il est temps qu'on se modère". La ville est administrée pendant treize mois par douze Consuls protestants. Puis, en juin 1563, Lyon finit par rentrer sous l'autorité du Roi. En contrepartie, les réformés obtiennent du roi la liberté de construire trois temples dont celui de Paradis, aujourd'hui disparu. Mais la cohabitation demeure difficile entre catholiques et protestants. En février 1567, les catholiques organisent le sac du temple des Terreaux et multiplient à nouveau les persécutions contre les protestants. Nombre d'entre eux sont "fichés", certains expulsés, et ils n'ont plus le droit d'exercer librement leur culte dans la cité.

L'année 1572 marque le coup d'arrêt du développement de la Réforme à Lyon. Le 31 août, suite à la nouvelle des massacres de la Saint-Barthélemy à Paris, un millier de protestants sont assassinés. Ce sont les "Vêpres lyonnaises". Parmi les morts figure Jacques Langlois, pasteur à Lyon depuis 1563, assassiné sur le pont de la Saône et jeté à l'eau. On compte aussi le musicien Claude Goudimel qui a mis en musique de nombreux psaumes. Le culte protestant est désormais interdit à Lyon.

Il faut attendre l'Edit de Nantes du 13 avril 1598 pour que les Guerres de religion prennent fin en France. Les protestants bénéficient dès lors d'une liberté de culte limitée ainsi que des places de sûreté dans lesquelles ils peuvent se réfugier en cas de nouvelles agressions. Les protestants lyonnais peuvent ainsi pratiquer leur foi mais doivent se rendre à Oullins, puis à Saint-Romain-au-Mont-d'Or, pour célébrer leur culte. Mais cette liberté sera de courte durée. Le 18 avril 1685, le roi Louis XIV révoque l'Edit de Nantes par l'édit de Fontainebleau, la religion protestante est à nouveau interdite en France ce qui provoque le départ massif de protestants en direction de villes-refuges comme Berlin, Genève, Amsterdam et même le Cap, colonie hollandaise d'Afrique du Sud. A cause de son importance économique et financière, les protestants lyonnais échappent aux dragonnades, ces corps d'infanterie et de cavalerie qui persécutent les protestants dans les Cévennes et en Normandie et contraignent ces derniers à se convertir au catholicisme. Mais le temple de Saint-Romain-au-Mont-D'or est détruit en 1686 et Lyon reste sous le strict contrôle de l'Eglise romaine. Elle devient cependant un lieu de passage important des huguenots qui souhaitent gagner le Refuge. Contraints de voyager de nuit et de se cacher le jour, nombre d'entre eux sont arrêtés avant d'avoir atteint Genève et incarcérés dans les prisons lyonnaises, dont le château de Pierre-Encize sur la rive droite de la Saône.