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Les dates clefs

  • 1079 (10 avril) :
    bulle du pape Grégoire VII attribuant le titre de "Primat des Gaules" à l'archevêque de Lyon.
  • 1180 : les Vaudois sont expulsés de Lyon.
  • 1182 : Pierre Valdès est excommunié.
  • 1184 : Concile de Vérone, les Vaudois sont inscrits sur la liste des hérétiques à pourchasser.
  • 1229 : création de l'Inquisition française par le pape Innocent III.
  • 1244 à 1316 : Lyon, cité papale (installation d'Innocent IV et de Grégoire X, couronnement de Clément V et de Jean XXII).
  • 1215 : IVe Concile du Latran, la doctrine de Pierre Valdès est condamnée.

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Les paroles

"C'est nous qui formons la véritable Église de Jésus-Christ, nous qui voulons obéir au Seigneur, en suivant les paroles même de l'Évangile et l'exemple des apôtres."

Pierre Valdo

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Portrait

Pierre VALDO

Pierre VALDO

Le marchand lyonnais qui a défié le clergé...

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La rue Maudicte...

La rue Maudicte...

... aujourd'hui rue de la Poulaillerie, où Pierre Valdo a habité.

Expulsion et excommunication

Expulsion et excommunication

En 1184, l'archevêque chasse les vaudois de Lyon et son diocèse.

Lux Lucet In Tenebris

Lux Lucet In Tenebris

“La lumière luit dans les ténèbres“ (Jean 1v5), armoiries et devise des vaudois.

Valdo, précurseur de la Réforme

Valdo, précurseur de la Réforme

Le mémorial de Worms

L'expansion des vaudois...

L'expansion des vaudois...

... en Europe à partir de Lyon. Carte de Philippe Valentin (2002)

Bible d'Olivétan (1535)

Bible d'Olivétan (1535)

Première traduction de la Bible en français

  • La rue Maudicte...
  • Expulsion et excommunication
  • Lux Lucet In Tenebris
  • Valdo, précurseur de la Réforme
  • L'expansion des vaudois...
  • Bible d'Olivétan (1535)

Moyen-Age

Moyen-Age

Face au déclin de l'Empire romain et à la disparition de l'administration impériale, les évêques de Lyon imposent fermement leur autorité religieuse et politique sur la ville. Ils deviennent rapidement les maîtres de la cité au sein de laquelle ils introduisent les croyances et les pratiques de l'Eglise romaine. Ainsi, le dogme de la transsubstantiation, le culte marial, le caractère sacré de l'hostie ou encore l'interdiction pour les laïcs de lire la Bible dans leur propre langue sont communément admises à Lyon. A partir du 9 avril 1079, les archevêques de Lyon obtiennent le titre de Primat des Gaules. Un titre qui leur permet d'étendre leur suprématie sur tous les évêques de la région et qui renforce leur pouvoir au sein de la cité. Lyon devient même une cité papale de 1244 à 1316, avec l'installation du pape Innocent IV et des trois autres papes qui lui succèdent. C'est dans ce contexte de suprématie de l'Eglise romaine que se distingue à Lyon un homme du nom de Pierre Valdo.

Dans les années 1170, ce riche marchand lyonnais décide de changer radicalement de vie. Les raisons exactes de ce changement nous sont inconnues, cependant, l'aboutissement de cette "crise de conscience" est sans ambiguïté. Pierre Valdo prend en effet deux grandes décisions. Il renonce d'abord à son activité, distribue ses biens aux pauvres de Lyon et choisit de vivre d'aumônes. Puis, s'étant fait traduire en idiome lyonnais les Evangiles, il s'applique à les étudier et se met à prêcher la repentance et la pratique des bonnes œuvres dans les rues de Lyon et sur les marchés. Pierre Valdo bouleverse ainsi la vie religieuse lyonnaise, jamais encore un laïc ne s'était octroyé le droit de prêcher aux foules en langue vernaculaire, et ce sans avoir eu au préalable une formation ecclésiastique. De plus, contrairement aux hommes de son temps, il ne considère pas le dénuement comme un renoncement méritoire, à l'image des moines et des ermites de l'époque, mais il cherche avant tout à revenir à la pureté du texte biblique. Payant de sa poche la traduction de plusieurs livres de la Bible en provençal, il travaille à les propager tout autour de lui. Par son zèle et l'exemple de sa vie, il entraîne une foule de disciples et fonde alors un mouvement connu sous le nom de «Fraternité des Pauvres de Lyon ». Il ne s'agit pas d'un regroupement de mendiants, mais d'un ensemble d'hommes et de femmes qui proviennent de tous les milieux sociaux de la ville (marchands, artisans et même des ecclésiastiques) et qui ont choisi de vivre comme les premiers disciples du Christ et de suivre son enseignement.

Toutefois cette prétention de laïcs de parler au nom du Christ est considérée par le clergé comme une atteinte à la hiérarchie ecclésiastique. Progressivement la doctrine de Pierre Valdo s'écarte de celle de l'Eglise romaine (il nie par exemple la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie). Soutenu dans un premier temps par l'archevêque de Lyon, Guichard de Pontivy, il se rend à Rome pour défendre sa thèse. Mais ceci n'empêche pas l'expulsion hors de la ville de ceux que l'on appelle alors les "Léonistes" ou les "Pours de Lyon" ("Les Pauvres de Lyon"), une expulsion ordonnée par le nouvel archevêque de la cité, Jean Belles-mains. A partir des années 1180, certains partent vers le sud, en direction du Languedoc, tandis que d'autres se dirigent vers la Lombardie. Valdo s'installe, lui, dans les hautes vallées du Piémont, puis en France, dans le Luberon. Excommunié par le Concile de Vérone en 1184, il voit sa doctrine être condamnée par le Concile de Latran en 1215. Poursuivis par l'Inquisition française menée par les Dominicains, les Vaudois s'enfuient alors en direction de l'Europe de l'Est. On trouve ainsi des Vaudois, du Languedoc à la Baltique en passant par la Bulgarie. Un rapport de l'inquisiteur Rainier mentionne : "[...] d'entre toutes les sectes qui ont existé, il n'y en a point eu de plus pernicieuses à l'Église que celle des Léonistes, parce qu'elle est abondamment répandue et qu'il n'y a presque pas de pays où elle ne se trouve". En 1209, le pape Innocent III lance la croisade contre l'hérésie, appelée "Croisade des Albigeois", qui vise les Cathares mais aussi les Vaudois. Mais alors que les bûchers s'élèvent dans le Languedoc et dans toute l'Europe, une autre flamme remplit les cœurs, celle de la Parole.

Car c'est bien cela qu'il faut retenir de l'œuvre de Pierre Valdo : la volonté de rendre accessibles les Ecritures. C'est sous son impulsion qu'est né un engouement populaire pour la lecture et la propagation de la Bible en langue vernaculaire. Retenons qu'il a également permis de lancer la réflexion sur ce qu'on appelle alors "le sacerdoce universel", c'est-à-dire sur le rôle des laïcs au sein de l'Eglise. Pour avoir soulevé ces grandes questions, les Vaudois sont souvent présentés comme les précurseurs des grands réformateurs du XVIe siècle.

Au début du XVIe siècle, les Vaudois se rallient à la Réforme genevoise de Jean Calvin et Guillaume Farel, lors du synode de Chanforan en 1532. Ils deviennent protestants et leur francophonie les pousse à financer la première traduction de la Bible en français à partir de l'hébreu et du grec : c'est la Bible dite d'Olivétan (1535), étape importante dans la promotion de la langue française.